Pour celles et ceux qui n’ont pas la patience de lire, voici la version courte de l’important message que nous voulions vous passer.
La 13ème édition du festival Impro en Seine n’aura pas lieu. Nous ne sommes pas en mesure d’organiser le festival dans des conditions satisfaisantes et nous en sommes désolés.
Pour celles et ceux qui ont le temps de lire, ci-dessous la version longue.
Il faut rêver sa vie dit-on. Et bien sûr agir pour que nos rêves se matérialisent.
Rêver on l’a fait pendant 12 ans. Rêver d’une fête pour célébrer l’art qui ressemble le plus à la vie. Car oui improviser c’est vivre et la passion de l’impro nous a toujours semblé se confondre avec la passion pour la vie elle-même.
Nous avons rêvé que cette fête dure 12 heures à la suite, puis 2 jours, puis 3 jours, puis 4 jours (même 5 jours mais là c’était un rêve un peu trop foufou).
On a rêvé de la Salle Bleue de l’Archipel, on a rêvé du Théâtre des Deux Ânes, on a rêvé du théâtre du Gymnase. Un monument historique dis-donc. On n’imaginait même pas que cela pouvait être possible. Et pourtant tous ces rêves se sont réalisés. Parfois envers et contre tout.
Contre les pandémies.
Contre le raisonnable.
Contre la logique.
Ces rêves sont devenus réalité tout simplement parce qu’on n’a pas rêvé seuls. On a rêvé avec toute la communauté de l’impro. Et c’est le partage de ce rêve qui l’a rendu possible.
On rêvait même plus grand encore que le Gymnase. Le Casino. Les Folies Bergère. Le Grand Rex.
Mais les rêveurs se font parfois rattraper par la vie. Et la vie est faite de cycles. Comme si, en secret, quelques astres en guidaient le sort et les grands mouvements. Et aujourd’hui marque la fin d’un cycle.
En 2019, nous posions pour la première fois nos bagages au Théâtre du Gymnase. Tout cela grâce à Jacques Bertin, directeur du théâtre et Veronica Rosetti, que nous remercions du fond de notre cœur. On ne s’est pas douté que le trépas de Jacques Bertin cet été marquait la fin de ce cycle joyeux. Comme on doit toujours ouvrir l’œil et écouter ses partenaires en impro, on a été sans doute trop aveugles aux signes que nous envoyait la vie.
Nous avons été pris dans les affres de la succession au Théâtre du Gymnase et l’étau de son rachat. Et aujourd’hui, nous sommes malheureusement contraints de vous annoncer que la treizième édition du Festival Impro en Seine n’aura malheureusement pas lieu. Il nous est impossible d’organiser le festival dans les conditions que cet événement mérite.
Nous avions annoncé il y a peu, que, rattrapés par nos vies qui ont bien changé depuis les débuts du festival, nous mettions fin à cette aventure et nous rêvions d’une dernière danse avec vous toutes et tous ce printemps, nous rêvions de nous repaître une dernière fois de la joie de vous réunir et d’écouter l’écho heureux de vos rires dans cette salle séculaire. Et malgré tous nos efforts, nous n’y sommes pas parvenus.
Pour tout vous avouer, après toutes ces années à batailler pour arracher du temps dans nos petites vies pour porter cet événement, cela nous laisse un vide immense. Il nous a fallu bien quelques jours pour l’accepter et nous n’en sommes peut-être pas encore complètement remis.
Nous nous accrochons à une toute petite chose. Une perle de sagesse de l’impro. Tout ce qui est arrivé est absolument à l’image de l’art que nous voulions servir. Les imprévus. L’impro oui, c’est aussi échouer. Mais notre art nous intime à le faire avec superbe, avec grâce, avec majesté.
Alors voilà oui. Nous avons échoué. Copieusement. C’était notre dernière. Et pour notre dernière, il n’y aura tout simplement RIEN. Et c’est en restant le bec dans l’eau que nous vous faisons notre révérence.
Vos vivats pour notre dernière se limiteront aux souvenirs. Et c’est déjà tellement.
A toutes et tous, un immense merci.
A toutes et à tous les bénévoles surtout qui ont rendu ce rêve possible pendant tant d’années.
Comédiennes et comédiens, régisseuses et régisseurs, à toutes celles et ceux qui étaient à l’accueil du public et des artistes. Oui à vous toutes et tous, un immense et sincère merci.
C’était plus encore votre festival que le nôtre.
Et bien sûr, plus fort que jamais, un retentissant